TIC ET RESPECT DES DROITS INDIVIDUELS ET PUBLICS : La CIL sensibilise ses relais

La Commission de l’Informatique et des Libertés (CIL) a organisé, le 25 juillet à Ouagadougou, un séminaire national de sensibilisation sur la protection des données à caractère personnel. Placé sous le thème « Internet, réseaux sociaux et respect des droits individuels et publics ». A l’occasion, une série de réflexions ont été faites à travers des communications assurées par des professionnels et acteurs d’institutions comme le CSC, l’Université Joseph Ki-Zerbo, le ministère des Droits humains, la Police, la Justice.

 

L’objectif du séminaire de sensibilisation a consisté à renforcé les capacités du réseau des points focaux mis en place par la CIL en 2014, en vue de suivre la mise en œuvre de la loi portant traitement des données personnelles, selon les mots de la présidente de la CIL, Madame Marguerite Ouédraogo Bonané. Dans le contexte national marqué par l’insécurité, le choix du thème de la formation, selon la présidente de la CIL, est d’une pertinence évidente, quand on sait que « les données personnelles sont des matières premières convertibles en espèces sonnantes et trébuchantes », avec des risques énormes liés à notre intimité du fait d’un simple clic d’une souris ». Qui dit protection des données personnelles, parle de droit civique, au regard des violations des droits du fait de l’usage inapproprié des outils et TIC, selon le Conseiller technique du ministre en charge des droits humains, Mamadou Benon, ayant présidé l’ouverture des travaux du séminaire. Entre autres sous-thèmes développés lors de cette session de sensibilisation,  on a discuté de la « Cybercriminalité et sécurité des systèmes d’information au Burkina Faso : défis et perspectives », de « l’impact des réseaux sociaux et la communication sur la lutte contre l’insécurité et le terrorisme », du « nouveau code pénal et la répression des infractions sur les réseaux sociaux » ainsi que du « rôle du CSC dans la régulation des réseaux sociaux dans le respect de la liberté d’expression , des droits individuels et publics ». L’on a aussi abordé les questions comme « la dignité humaine, la vie privée et les données personnelles dans les sociétés traditionnelles africaines ». « Le rôle des autorités de protection des données dans la gestion des réseaux sociaux » a aussi fait l’objet de communication par les spécialistes au cours de la journée. Il ressort des échanges que la protection des données personnelles était assurée dans la société traditionnelle qui préservait la vie et son caractère sacré. L’expression de la protection de la vie privée se décline différemment d’une société à l’autre et « la vie privée des forts et des riches l’emporte sur celles des faibles et des pauvres ». Si le CSC n’a pas compétence à réguler les réseaux sociaux, selon le communicateur Séni Dabo, Conseiller auprès de cette institution, concernant la lutte contre les infractions en lien avec les technologies de l’information et de la communication, la division technique anti-cybercriminalité de la Police, créée en 2014, est à pied d’œuvre, nous rassure le représentant du ministère de la sécurité. Les échanges ont permis également d’aborder la question de la stratégie nationale de cyber-sécurité en cours de validation.